Les enjeux sanitaires
La pollution de l’air est à l’origine d’une grande diversité d’effets biologiques et sanitaires : décès
anticipés d’origine respiratoire et cardiovasculaire, augmentation des symptômes respiratoires ou de la
prise de médicaments pour asthme, diminution de la fonction respiratoire, exacerbation de pathologies respiratoires
et cardiovasculaires préexistantes… En outre, la potentialisation par des particules diesel de la réponse
allergique a été démontrée.
Les pollens ainsi que les moisissures sont également responsables de réactions allergiques (pollens d’ambroisie
notamment). Enfin l’asthme est en forte augmentation depuis ces 20 dernières années ; le rôle de la pollution
atmosphérique est fortement suspecté. En raison de son caractère inévitable, l’exposition à ces pollutions
atmosphériques concerne l’ensemble de la population. Les citadins et les personnes vivant à proximité des
agglomérations ou de grandes infrastructures de transport (autoroutes, aéroports) sont les plus exposés.
La
DDASS
participe à l’amélioration des connaissances en :
• Disposant et exploitant les résultats de la surveillance de la qualité de l'air par
l’AASQA
(Association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air) et le
RNSA
(Réseau national de surveillance allergique) afin d’évaluer l’exposition de la population et de participer à
l’élaboration d’états des lieux de la qualité de l’air ;
• S’impliquant dans la réalisation des études Air – Santé, en impulsant leur réalisation et en assurant
leur suivi.
La
DDASS
intervient dans la gestion des risques en :
• Dégageant les priorités régionales en santé publique et en les traduisant dans les actions de
planificationet de suivi du
PPA
(Plan de protection de l’atmosphère) approuvé par arrêté inter-préfectoral du 30 juin 2008, des
PDU
(Plan de déplacement urbain) et du
PRQA
(Plan régional de la qualité de l’air) et dans les orientations des réseaux de mesures
(bureaux et conseils d'administration des réseaux) ;
• Faisant prendre en compte la qualité de l’air dans la politique d’aménagement en participant de manière
ciblée à la planification territoriale
(PLU (Plans Locaux d’Urbanisme)
et SCOT
(Schémas de Cohérence Territoriale)) ;
• Participant à l'élaboration des procédures d'alerte et des messages sanitaires et en s’assurant de leur
bonne diffusion auprès des établissements sanitaires et sociaux, en participant à la gestion des alertes de
pollution ;
• Analysant les aspects sanitaires dans les études d’impact qui portent notamment sur émissions polluantes
des installations industrielles, de combustion et du transport routier.
La
DDASS
informe et communique en :
• Informant les décideurs et les relais d’opinion sur les risques sanitaires pour améliorer la situation
sanitaire, en valorisant les publications d’études épidémiologiques et les résultats d’études d’impact sanitaire
(impact sanitaire de la pollution atmosphérique à l’échelle d'une agglomération selon la méthodologie de
l’INVS
(Institut de Veille Sanitaire)) ;
• Informant les personnes sensibles pour atténuer les conséquences de la pollution sur leur santé.
L’ambroisie, plante dont le pollen est particulièrement allergisant (période de floraison : août et
septembre),
est bien implantée dans le département du Rhône notamment le long des vallées du Rhône et de la Saône et dans l’Est
Lyonnais. Les terrains nus, peu végétalisés comme les remblais, les bords de routes, et les terrains mal
entretenus sont ses lieux de prédilection. Elle prolifère aussi sur les sols cultivés
- cultures de tournesol par exemple -, dans les jardins, les jachères, etc..
Elle est également présente dans toute la région Rhône-Alpes, sa zone de développement s’étendant désormais vers
le nord et le sud de la France. En Europe, plusieurs pays sont affectés par le développement de cette plante
notamment la Hongrie, la Suisse, l’Autriche, etc..
Les études réalisées ces dernières années indiquent que 6 à 12% de la population est allergique au pollen
d’ambroisie, allergie qui peut être très invalidante chez certains patients, et que l’effectif de la population
allergique augmente.
Des actions peuvent être mises en œuvre afin de limiter le développement et la prolifération de cette plante
et
éviter sa pollinisation. C’est l’objet des campagnes d’informations réalisées depuis 1998 dans le département du
Rhône
(DDASS,
Grand Lyon, Conseil général) puis au niveau régional
(DRASS)
à l’attention de la population par le biais des mairies, des collectivités publiques
et des pharmacies. En 2002,
la DRASS
Rhône-Alpes a notamment mis en place un site internet spécifique à l’Ambroisie
(www.ambroisie.info).
Ce site propose, entre-autres, des outils d’aide à la reconnaissance de la plante ainsi que des fiches techniques
pour limiter sa prolifération. Les plaquettes d’information du public sont également téléchargeables sur ce site.
Sur le plan réglementaire, un arrêté préfectoral prescrivant la destruction obligatoire de l'ambroisie a été pris
le 20 juillet 2000. Dans le département du Rhône, il est ainsi obligatoire que :
• Les propriétaires, locataires ou occupants de terrains à quelque titre que se soit préviennent la pousse
de l'ambroisie. L'obligation de lutte s'impose à tous, y compris aux exploitants du domaine public et aux
agriculteurs ;
• L'élimination des plants d'ambroisie se fasse avant pollinisation, et avant le 1er août. Des interventions
ultérieures peuvent s'imposer du fait de phénomènes de repousses.
Les contrevenants sont passibles de poursuites en application du code de santé publique. En outre, en cas de
défaillance des occupants, le maire pourra faire détruire les plants aux frais des intéressés en application
des articles L.2212-1 et 2211-2 du code général des collectivités territoriales.
Nous passons en moyenne 80 à 90 % de notre temps dans des espaces clos, que cela soit dans les logements,
les lieux de travail, les écoles, les espaces de loisirs, les commerces ou bien encore les transports.
Nous sommes donc largement exposés aux polluants de l’air intérieur d’origine :
• chimique : il s’agit des polluants émis par les appareils ménagers, les matériaux de construction,
d’ameublement ou de décoration, les produits d’entretien ou les désodorisants d’intérieur, les activités de
bricolage, la cuisine, la fumée de cigarette, les produits issus de la combustion des bougies, d’encens ….
• biologique : il s’agit des particules émises par les animaux de compagnie (allergènes du chat par exemple),
les acariens, les moisissures, les pollens des plantes d’intérieur ….
La qualité de l’air intérieur dépend également des polluants issus du sol, comme
le radon, de l’air extérieur (dioxyde d’azote, composés organiques
volatiles, particules …) ou de la combustion des produits fossiles (charbon, gaz, fioul, pétrole) utilisée
pour la production d’eau chaude sanitaire ou le chauffage pouvant être notamment à l’origine d’intoxication par le
monoxyde de carbone.
L’air intérieur que nous respirons peut avoir des effets sur le confort et la santé, depuis la simple gêne (odeurs,
irritations des yeux ou de la peau) jusqu’à l’aggravation ou le développement de pathologies comme par exemple
les allergies respiratoires. Néanmoins, ces effets sont mal connus ; la contribution de la qualité de l’air intérieur
à certaines maladies reste encore à identifier et à évaluer.
C’est le rôle donné par les Pouvoirs Publics à
l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur
(OQAI).
De nombreux facteurs influent sur la qualité de l’air à l’intérieur des logements, parmi lesquels le rôle de l’occupant joue un rôle primordial. L’occupant est donc le premier acteur des actions préventives sur la qualité de l’air intérieur dans son logement.
Au niveau national, des actions de surveillance de la qualité de l’air à l’intérieur des lieux clos ouverts au
public, comme les établissements hébergeant des enfants, sont inscrit dans le projet de Plan National
Santé-Environnement
(PNSE2) 2008-2011.
Le Ministère de la Santé et des Sports et le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et
de l’Aménagement du Territoire ont décidé de coordonner leurs efforts pour introduire progressivement
cette surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les lieux clos ouverts au public, en commençant par
une phase d’expérimentation en 2009 portant sur les lieux hébergeant des enfants.
Concernant la qualité de l’air à l’intérieur des logements, les résultats de la campagne logements conduite par
l’Observatoire de la Qualité de l’Air intérieur
(OQAI)
ont confirmé la nécessité d’agir pour améliorer la situation.
La
DDASS
intervient dans la gestion des risques et la communication en :
• participant à des études visant à améliorer les connaissances sur la nature des polluants présents dans
les environnements clos, sur leurs concentrations et sur leurs impacts sur la santé ;
• participant aux campagnes d’information nationales ou locales visant notamment à mieux faire connaître
les bonnes pratiques pour améliorer la qualité de l’air intérieur ;
• répondant aux demandes d’information ponctuelles émanant de collectivités ou de particuliers sur des
problèmes d’odeurs ou de nuisances ressenties notamment à l’intérieur des locaux accueillant des enfants ou
dans les logements.